La consommation, la baisse des coûts et les contraintes économiques influent sur la stratégie de digitalisation des entreprises.
Digitaliser ! Le mot d’ordre se répand comme une traînée de poudre dans les entreprises, qu’elles appartiennent au secteur des services – dont certaines composantes déjà au fait des évolutions induites par le développement du numérique – ou de l’industrie. Pour Strategy& (ex-Booz & Company), trois forces appuient cette numérisation des entreprises : la consommation, la technologie et les avantages économiques. « Les effets d’un monde de plus en plus numérisé atteignent maintenant dans tous les moments de nos vies », explique ainsi le cabinet de conseil.
L’arrivée progressive sur le marché du travail des membres d’une génération dénommée « C » (pour « connectée) amplifie cette vague de numérisation, en particulier en matière de consommation, la première force identifiée par Strategy&. Connectés de manière quasi-naturelle, les membres de la génération « C » partagent volontiers leurs données personnelles (même si le récent scandale aux Etats-Unis pourrait remettre en cause cette attitude) et font davantage confiance à leurs amis qu’à des marques bien connues pour consommer. Le comportement de ces personnes exerce une pression nouvelle sur les entreprises.
De potentielles économies…
La baisse des coûts induite par l’essor des nouvelles technologies conduit également de nombreuses entreprises à repenser certains contours de leur activité. L’informatique « dans les nuages » (cloud computing) permet notamment de stocker des documents et d’accéder à diverses applications à partir de serveurs n’étant pas présents dans les locaux de l’entreprise. Les infrastructures peuvent par ailleurs être mutualisées. « De nouveaux modèles économiques font leur apparition », rappelle le cabinet. L’essor du big data pourrait accentuer cette tendance.
Les avantages économiques, qui constituent la troisième force appuyant la digitalisation des entreprises, découlent des deux premiers items. La prise en compte de l’arrivée de nouveaux consommateurs et des bénéfices des technologies numériques en matière de compétitivité-coût est susceptible d’affecter la stratégie des entreprises, tandis que les apporteurs de fonds tendent à accélérer leurs investissements dans le numérique.
… et de nouveaux investissements
Pour s’adapter à cette nouvelle donne, les chefs d’entreprise et leurs équipes de direction peuvent se poser quatre questions qui permettront de déterminer la stratégie à suivre. En s’interrogeant sur la façon dont le digital affecte leur business model et leur positionnement dans la chaîne de valeur de leur secteur, sur l’identification des zones de création de valeur, sur les points de vulnérabilité de leur entreprise ainsi que sur la façon dont celle-ci pourrait réagir à l’apparition de nouveaux acteurs, et enfin sur les capacités (infrastructures et compétences) nécessaires, ils gagneront potentiellement en agilité dans un univers en mutation.