Face à la crise du Covid-19, à Ici Montreuil et dans les différents ateliers du réseau, des makers s’emparent de l’impression 3D pour produire des équipements de protection.
Elan de solidarité chez Make Ici. Les 300 résidents du premier réseau de manufactures collaboratives de France, né en 2012 à travers son makerspace de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont usé de leurs talents pour concevoir et fabriquer des solutions de protection (masques, visières) à destination des personnels soignants. Les équipes des différents sites (Marseille, Aix-en-Provence, Nantes et le fablab d’insertion La Verrière, à Montreuil) ont adapté leurs activités. Un chat interne permet aux équipes de l’entreprise (17 équivalents temps-plein) de suivre les initiatives sur chaque site ou en télétravail.
« Les responsables de fablab ont commencé à tester, échanger, tester entre eux des prototypes de visières. Ensuite, des fablabs de Toulouse et de Bordeaux ont fait tester des visières à des personnels soignants. Des modèles ont émergé. Il y a aussi des studios de design et d’impression 3D qui disposent d’outils différents. Tous nos sites sont actuellement mobilisés et fabriquent des visières, des masques… », indique Nicolas Bard, cofondateur de Make Ici. A Ici Nantes, vingt-six machines tournent 24 heures sur 24 pour produire des visières avec Dulse, une start-up qui recycle des déchets plastiques au moyen de l’impression 3D.
Le confinement, et après
« Il faudra aussi préparer l’après-confinement. Une partie des solutions de protection devra être fabriquée en France », poursuit Nicolas Bard. La Biche-Renard, une start-up hébergée à Ici Montreuil et spécialisée dans l’impression 3D, a ainsi imaginé un format de masques en silicone. La conception du moule et de la méthode permettraient ensuite de fabriquer, en open-source, en impression 3D. Parmi les autres initiatives prises pour l’heure : Olivier Meynard, fablab manager à Aix-en-Provence, produit des visières depuis son domicile ; tandis qu’à Montreuil, le studio Z-Zero a produit un fichier pour permettre l’impression de supports de visière.
La crise actuelle a par ailleurs posé la question de la localisation des activités industrielles. « Je pense que l’Etat va vouloir soutenir des activités essentielles. La région Ile-de-France a adapté son aide aux entreprises, PM’Up, au Covid-19, pour sauvegarder la production et permettre de fabriquer des masques, des respirateurs… Des mairies commandent aussi des équipements de protection à des artisans locaux. Il y aura un soutien à la filière française, plus qu’une relocalisation », estime Nicolas Bard.
Photo: Dulse